Le déroulement d’une enquête après un crash

par Francoiscc , , mise à jour

Les événements des dernières semaines obligent à le rappeler : il faut généralement du temps pour savoir les raisons exactes d’un crash aérien.

Qui est en charge de l’enquête ?

En cas d’accident, l’enquête est le plus souvent attribuée au bureau d’enquête du pays sur lequel le crash a eu lieu. D’autres pays peuvent participer à l’enquête en fonction du pays d’immatriculation de l’appareil, de la nationalité de l’équipage… Le constructeur de l’avion peut également participer à l’enquête.

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Les plus connus sont les enquêteurs français du « Bureau d’Enquêtes et Analyses » (BEA) ou encore les américains du « National Transportation Safety Board » (NTSB, Conseil National de la Sécurité des Transports). Dans le cas du vol MH5017 d’Air Algérie, ce sont les enquêteurs du BEA qui s’occupent d’analyser les boîtes noires en raison du grand nombre de victimes françaises, mais également sur la demande des autorités maliennes dans la mesure où l’appareil s’est écrasé sur leur sol.

Combien de temps dure une enquête ?

Une grande enquête du BEA dure en moyenne 2 ans à 3 ans. Tant qu’elle n’est pas terminée, le BEA ne divulgue pas d’informations et ne spécule pas sur les scénarios possibles de l’accident qui n’apportent rien à la connaissance des causes et donc à la sécurité et ne peuvent qu’entretenir le désarroi des proches des victimes et de l’opinion publique.

Néanmoins, d’autres sources proposent des raisons possibles d’un crash. Dans le cas de l’avion d’Air Algérie, plusieurs spécialistes et même le ministre de l’Intérieur ont mis en cause la météo.

Comment se déroule une enquête ?

Voici les différentes étapes d’une enquête sur un crash aérien :

1re étape : Localisation du lieu du crash.

Recherche du MH370 par Republic of Singapore Navy. Pic : EPA/Republic of Singapore Navy

La localisation de l’avion est primordiale pour commencer les investigations. Cette étape peut prendre quelques heures à plusieurs mois lorsque l’avion s’abime en mer comme pour les recherches du vol MH370 de Malaysia Airlines du 8 mars qui devait relier Kuala Lumpur à Pékin qui risque de prendre encore beaucoup de temps.

2ème étape : Retrouver des boites noires

Boite noire du crash Henan 8387 - source : french.peopledaily.

Les boîtes noires du vol MH17 de Malaysia Airlines désormais entre les mains des experts néerlandais sont en cours d’analyses, il en va de même pour celle du vol Air Algérie.

La résistance

Afin de résister aux pires accidents, les boîtes noires sont généralement placées à l’arrière de la cabine passagers, au  niveau de la queue. Elles sont conçues de manière à résister aux plus mauvais traitements comme passer une heure à 1100°C, un mois immergé à 6000 mètres de profondeur, un contact avec des produits chimiques ou encore à une accélération supérieure à 3400 fois l’attraction terrestre.

La localisation suite à un amerrissage

ULB - Wikipedia

Chaque boîte est équipée d’une balise Underwater Locatir Beacon (ULB) qui se déclenche au contact de l’eau. Elle émet ensuite 1 pulsation par seconde sur la fréquence 37.5kHz,  pendant 30 jours.

Les évolutions

Dans les années avenir, les enregistreurs à bandes magnétiques devraient tous disparaître au profit des supports numériques.  Les systèmes de localisations ont montré leurs limites dans le crash du vol MH370 en restant introuvables dans les 30 jours qui ont suivi la disparition en mer. Des évolutions sont surement possibles.

3ème étape : rapatriement et analyse des enregistreurs de vol.

Boîte noire dans un caisson avec scellés - Source : crashdehabsheim.net

Tandis que les boîtes noires du vol MH17 sont entre les mains des experts néerlandais, celles du vol d’Air Algérie sont arrivées dans les bureaux du BEA au Bourget. Les boîtes noires peuvent avoir été endommagées, la récupération des données est donc difficile et leurs analyse minutieuse prendra plusieurs mois.

Quelles informations disponibles  ?

Même si dans le cas d’un «missile perdue» les boîtes noires ne permettent pas aux enquêteurs de connaître l’origine du tir, elles délivrent certaines informations importantes pour les enquêtes.

Le Cockpit Voice Recorder (CVR)

Cet enregistreur permet aux enquêteurs de  connaître les communications entre les pilotes et la tour de contrôle ainsi que les différents bruits à l’intérieur du cockpit (alarmes sonores, bruits, dialogue…).

Les évolutions technologiques ont permis d’augmenter la capacité d’enregistrement en passant d’une demi-heure à l’époque des bandes magnétiques à 2h pour les enregistrements numériques.

Le Flight Data Recorder (FDR)

Flight Data Rercorder - Source : http://malaysianreview.com/

Cet enregistreur de données contient les différents paramètres techniques de l’appareil. Selon l’ancienneté du matériel, le nombre d’informations contenus peut varier de quelques dizaines à plus de 1000 éléments parmi lesquels la vitesse, l’altitude, le régime des moteurs, la position des commandes de vol, les différentes alarmes… Les informations sont enregistrées sur des cycles de 25h.

4ème étape : rédaction et publication du rapport d’enquête

Première page du rapport finale du crash AF447 - BEA

Le rapport d’enquête est le fruit d’une enquête minutieuse, il a pour but d’expliquer la raison de l’accident et de faire des recommandations pour empêcher des accidents similaires et ainsi améliorer la sécurité des vols.

Dans le cas du vol d’Air France AF447 Rio-Paris qui s’est abîmé en mer au large du Brésil en 2009, ce n’est que 3 ans après le crash que le BEA a publié son rapport définitif d’enquête de plus de 200 pages.

Faudra-t-il attendre aussi longtemps pour connaître les raisons précises des accidents des vols AH5017 au Mali, le 24 juillet et le MH17 en Ukraine le 17 juillet ? Sans doute pas. Mais dire que l’on saura la vérité dans les prochaines heures est également prématuré.

Sources :

Le Guichet du Savoir - Le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses - Le génie pour l’industrie
Aeroweb – RTL – 20 Minutes - Le Point – BFM – L’Express – Nouvel Obs

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A propos de l'auteur François C.

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Je voyage principalement en Europe et en Amérique du Nord.
J'aime tester des nouveaux itinéraires, découvrir de nouveaux aéroports pendant mes escales.
Compagnies favorites : Air France en Europe - Delta et Air Canada en Amérique du Nord.
Aéroports que je fréquente le plus : Rennes RNS / Lyon LYS / Paris CDG / New-York JFK / Détroit DTW / Ottawa YOW / Montréal YUL