Pourquoi est-il important de garder sa ceinture de sécurité ?

par Benjamin Antoine, , mise à jour

Dans les prochaines années de plus en plus de personnes seront blessées voir mortes lors des vols. La raison ? Le refus de porter sa ceinture de sécurité auquel vient se rajouter le réchauffement climatique. Une récente étude a démontré que les turbulences augmenteront dans les décennies à venir. Quand et pourquoi garder sa ceinture attachée ?

signal ceintures avion

Pendant l’embarquement

A votre entrée dans l’appareil, vous pourrez constater une multitude de petits indicateurs similaires à ceux là :

les appareils électroniques

Il permet  à l’ensemble des personnes présentes en cabine d’avoir des indications sur la sécurité à bord. L’indicateur « attachez vos ceintures » sera allumé au moment où vous devrez obligatoirement être assis et attaché. Le second voyant, selon les appareils, vous expliquera à quel moment vous pourrez utiliser vos appareils électroniques. L’indicateur « cigarette » servait à l’époque où fumer à bord était autorisé.

Au moment de votre installation dans l’appareil, il est possible que le signal des ceintures soit éteint. Dans ce cas-là, ne vous attachez pas. Les pleins de kérosène peuvent être en cours. Même si c’est extrêmement rare, un départ de feu est toujours possible et dans un cas comme celui là chaque seconde est importante.

Vidéo montrant la propagation rapide d’un incendie sur un Boeing.
Selon l’enquête un boulon aurait perforé un réservoir.

Au roulage

Au roulage, que ça soit au départ ou à l’arrivée, le principal risque réside dans un freinage brutal. Sur les taxiways (routes permettant l’accès aux pistes ou aux terminaux), un véhicule de service, un avion ou même un animal peut vous couper la route. Imaginez une voiture de 250 tonnes qui doit éviter un enfant. La décélération peut-être brutale.

Au décollage et à l’atterrissage

Les phases les plus délicates d’un vol sont le décollage et l’atterrissage. Ces deux périodes regroupent près de 80% des accidents. Heureusement les fins tragiques sont rares. Les événements les plus fréquents sont soit l’arrêt-décollage ou la remise des gaz.

sortie de piste Lion Air

Une fois la vitesse V1 atteinte, les PNT (personnel navigant technique) ne pourront plus arrêter l’avion en cas de soucis, ils seront obligés de décoller quoi qu’il arrive. Le cas échant, vous risqueriez de finir votre voyage dans le gazon ou dans la mer entourant la piste.

Si un arrêt-décollage survenait lors de votre prochain voyage, pas de panique, il s’agit 99% de temps d’une fausse alarme.

A l’image du cas précédent, l’approche et l’atterrissage est susceptible d’être interrompue, on parle alors de remise des gaz.

Les turbulences

Il est bon de savoir qu’il existe différents types de turbulences :

1. La turbulence d’origine mécanique, dans les couches de frottement.
2. La turbulence due aux ondes de relief qui ne sont généralement pas ressenties sur les avions commerciaux.
3. La turbulence d’origine convective, dans et sous les nuages.
4. La turbulence de sillage quand un avion laisse une traînée et que l’appareil derrière passe légèrement trop près.
5. La turbulence en ciel clair. Ce sont les plus sérieuses car généralement imprévisibles.

Pendant le vol il est possible que vous entendiez une annonce de ce type :
« Mesdames et Monsieur, nous entrons dans une zone de turbulences. Pour votre confort et votre sécurité merci de regagner votre siège et d’attacher votre ceinture. »

Elle sera automatiquement suivie d’un allumage des consignes « ceintures ».

Il y a des chance qu’aucune secousse ne soit ressentie, ce n’est pas car l’équipage veut être tranquille que les consignes restent allumées. Dans certains cas, les zones à risques peuvent être étendues, et il est possible que le pilote arrive à les contourner ou alors qu’elles se soient calmées au moment où l’avion passe.

Au bout d’un certain temps si vous avez besoin de vous déplacer et que le signal est encore allumé, appelez un navigant pour demander l’autorisation. Dans de très rare cas, il se peut que les PNT oublient d’éteindre le voyant.

Mais pourquoi les hôtesses et stewards ne sont pas assis ?
Les raisons sont simples. Certains vols peuvent être mouvementés du début à la fin, le PNC (personnel navigant commercial) ne peut pas se permettre de rester immobile pendant tout ce temps. De plus, chaque année un PNC peut passer plus de 900h en vol, elle connait donc parfaitement l’appareil. En cas de turbulences légères, le navigant saura se rattraper, mais croyez moi, ça n’empêche pas de se faire mal.

Dans de très rare cas, le PNT fera une annonce «PNC assis et attachés» ou encore «Cabin crew take your seat». Pas de panique, ce n’est rien de grave mais l’appareil approche d’une zone où de très fortes turbulences sont attendues et que donc pour la sécurité de l’ensemble des personnes présentes en cabine, le service doit être interrompu et tout le monde assis et attaché.

Anecdotes de vol

- Pendant un retour des Etats-Unis, des turbulences légères ont commencé à se faire sentir, mais elles ont ensuite augmenté. Afin de garantir la sécurité des passagers et de l’équipage, nous avons arrêté le service. Les chariots rangés, les bacs à boissons mis sur le sol nous n’avons pas pu rejoindre nos sièges de structures, nous ne tenions plus debout. Nous nous sommes donc installés sur des sièges vides dans la cabine. A la fin des turbulences, nous avons pu constater les dégâts. Tout ce qui était resté dehors servait désormais de tapisserie.

- Lors d’un vol spécial, nous devions relier Londres à Los Angeles en faisant une courte escale à Las Vegas. Durant le second tronçon, aucun service n’était programmé. Les hôtesses et stewards se sont levés pour vaquer à leurs occupations quand soudainement des turbulences de ciel clairs se sont manifestées. Résultat : une hôtesse à l’hôpital suite à des convulsions et deux autres navigants ont eu des membres fracturés.

- En nous rendant à Dubaï, des turbulences ont commencé a la fin du service. En ramenant le trolley (chariot de service), je suis tombé et une hôtesse a fini allongé sur une rangée de passagers.

Articles traitant de zones de fortes turbulences (avec photos de l’état des cabines)

Plusieurs dizaines de blessés à cause de turbulences

Plusieurs blessés à cause de turbulences

Crédit photo : Non précisé sur les différents sites

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A propos de l'auteur Benjamin Antoine

HappyFlight

Ancien personnel navigant commercial (steward) sur court, moyen et long courriers, je garde une passion pour l'aérien.