Business 1 étoile sans geste particulier pour marquer le réveillon de Noël

Avis de AirNapoleon sur le vol Air France AF442 entre Paris Charles De Gaulle et Rio De Janeiro Intl du 24/12/2013 en Business
AirNapoleon AF / AFR CDG / GIG
Cet avis relate une expérience vécue il y a plus de 3 ans. Les notations ne sont pas utilisées pour le calcul de la note globale.

Les vols AF qui partent en fin de soirée de Paris ont désormais un service Business « accéléré », ce qui veut dire « réduit au minimum » (donc au niveau des compagnies classées 1 ou 2 étoiles). Je le savais mais ai choisi ce vol car c’était le seul trajet direct en cette nuit de Noël. Je n’ai donc pas été surpris, ni déçu, ni mécontent.

Il a juste fallu demander à certains PNC d’arrêter de faire semblant que c’est le top du top. Ce qui est agaçant, ce n’est pas que la compagnie nationale soit faiblarde (ni la meilleure, ni la moins bonne), c’est qu’elle s’entête à se prétendre supérieure. Par exemple, ce soir de Noël, on te recommande d’un ton pincé le « fagottoni aux fromages des saisons, saupoudré de coulis de courgette et concassé de tomates crémée » pour te servir un vulgaire ravioli tomate en conserve, ce qui est quand même pas l’image que le marketing veut donner de la classe Affaires. Heureusement, il y avait aussi à bord des PNC plus réalistes sur le niveau de leur compagnie, à l’écoute des passagers et à la recherche des solutions pour faire du vol un bon moment.

Départ du 2E K avec son salon en sous-sol (pour ceux qui souhaitent découvrir le 2E M, avec son nouveau salon S4 « Le Parc à Passagers » qu’on a tant vanté pour son design, sachez qu’il n’est pas ouvert le soir, il faut prendre un vol du matin ; sachez aussi qu’il ne vaut pas le coup, il est beau en photo mais pas fonctionnel en pratique).
Air France a récemment changé la prestation dans ses salons. C’est mieux, mais on reste dans la tranche dinde froide qui était déjà le principal ingrédient. Seule la soupe est chaude et nouvelle. Le dessert au chocolat, qu’on endure depuis septembre, est toujours aussi gras et infect. Pour Noël, on sert un champagne « dont on a récupéré une caisse pour l’occasion du salon La Première ». Un invendu, donc, qui rappelle que la compagnie opère avec des bouts de ficelle. En biscuit d’accompagnement, il y a les fameuses et indéboulonnables galettes la Mère Poulard. Des bouts de ficelle usagée…

A bord, on attend longuement des passagers en correspondance de Stockholm, qui tardent à rejoindre CDG. Visiblement, ils amènent avec eux la boisson d’accueil, qui est servie très tardivement, sans serviette ni sourire. Le froid de Stockholm par contre, est déjà bien arrivé dans la cabine. La nouvelle couverture AF biziz - le modèle gris qui gratte et ne réchauffe pas a été intelligemment remplacé par une polaire jaunâtre, mi laine mi plastic, très moche mais plus chaude – ne suffit pas. Heureusement, on peut utiliser l’IFE pour patienter, et démarrer un film, néanmoins interrompu par des annonces répétitives et interminables. Je me demande qui ne sait pas encore qu’on ne fume pas dans les avions, et encore moins dans les toilettes qui sont équipées de détecteurs de fumée. Les compagnies pourraient arrêter de nous le dire, on a compris et il y a de toute façon des sigles Ne Pas Fumer partout. L’avantage, c’est qu’en partant sur le Brésil, je sais maintenant dire « toilettes » en portugais.

Vu que le vol de Stockholm n’est toujours pas arrivé, tout l’équipage se met en tête de venir saluer chaque passager Business. : Chef de Cabine Principale, Chef de Cabine Business, Stagiaire de Passage, avec plus ou moins de chaleur et de naturel, mais sans saluer les passagers par leur nom comme cela se fait dans les compagnies asiatiques dont j’avais pourtant compris qu’elles étaient le modèle d’excellence d’Air France. Puis on reçoit la trousse-confort, indifférenciée homme-femme puisqu’il n’y a quasi plus qu’un sac à chaussure et une deux chaussettes indifférenciées gauche-droite dedans. Mais l’emballage a changé : il porte un grand « 80 » pour rappeler que la compagnie à une grande et belle histoire. Personnellement, je suis plus intéressé par les progrès éventuels des 3 ans à venir que par les souvenirs nostalgiques des années passés, qu’on peut de toute façon télécharger à gogo sur sa clé USB depuis l’IFE, si on n’a pas mieux à faire.

On décolle enfin, avec 40 minutes de retard, qu’on ne rattrapera pas complètement. Je vous passe les informations cruciales destinées aux fumeurs qui vont aux toilettes, qu’on répète à 10.000 pieds au cas où ils ne l’auraient pas bien compris au sol. Je passe aussi l’apéritif, sans serviette, sans sourire, et sans cacahuètes. On a supprimé les cacahuètes pour accélérer le service ; on a supprimé la serviette puisqu’on a supprimé les cacahuètes ; on a supprimé le sourire parce qu’à force de supprimer toute cela n’est plus très enthousiasmant.

On arrive donc vite au repas, dont j’ai déjà dit qu’il était faiblard. Passage de cantinière, avec jet de plateau comprenant l’entrée, le dessert, le fromage et les couverts. A l’autre bout de la rangée, des passagers apprécient la disposition puisqu’elle leur permet de débuter par le dessert. Ou alors, c’est plus probable, ils n’ont pas bien compris que c’était le dessert.

On m’avait prédit, sur le blog airnapoleon.com, un service minimal pour venger mes propos critiques contre la compagne. Ce n’est pas le cas puisque le steward prend le temps de retirer les couvercles en plastic du plateau avant de me le servir, et de réciter pompeusement le menu avec une prétention qui m’agace « Saumon fumé tranché main et blini, terrine de foie gras de canard en cuisson douce, jeune pousse d’épinard » : je lui dis que je choisis le foie gras, il me dit que ce n’est pas l’un ou l’autre. Je négocie alors sans succès du citron pour cacher quelque peu le goût du couvercle en plastic qu’a pris le saumon. Puis trouve un PNC plus dégourdi (et même carrément dévoué) qui m’apporte les rondelles de citrons des boissons d’apéritif.

Le principe du service accéléré ne signifie pas que vous recevez le plat chaud rapidement. Il sous-entend que vous pouvez gagner du temps en prenant votre dessert en l’attendant. Quinze minutes après avoir fini mon entrée, je craque en effet et passe au fromage. Je m’apprête à manger le dessert quand la cantinière réapparaît. En plat chaud, je laisse les spaghettis à ma voisine, et me résous à tester l’intitulé mathématique « [Canette +Châtaigne+Groseille] = Thibaut Ruggeri » inscrit au menu. La description est prometteuse « Pur produit de saison, la châtaigne nous rappelle l’automne et l’hiver ! La vivacité de la groseille, quant à elle, est présente pour dégourdir le très sage filet de canette enrobé de ses trois poivres ». Le résultat est moche (voyez la photo) et mauvais. Je ne suis pas un obsédé de l’art culinaire, mais je dirai que Thibaut Ruggeri fait ici dans la gri-bouillie réchauffée.

Pour la suite du vol, c’est le traditionnel film et toboggan. Le siège business AF est plat mais en pente ; quoiqu’il faille reconnaître que le NEV4 (la dernière version du siège) est un peu moins pentu que le NEV3. Et que cette cabine business semble paradisiaque par rapport à l’arrière de l’avion, que je vais visiter pour me détendre les jambes. La cabine principale du jumbo est sale et désordonnée, les sièges hublots des sorties de secours sont à bannir puisque la place pour les jambes est prise par les caissons des toboggans d’évacuation, la moitié des passagers sont directement à côté des toilettes ou des bruyants galleys répartis au centre de la cabine. Il faut donc absolument privilégier le pont supérieur si on voyage en éco.

Le petit déjeuner est à l’image du dîner : œufs brouillés, gaufre ou charcuterie, fruits baignant dans la sauce anglaise, yaourt industriel, croissant ou brioche tiède. Et enfin on atterrit à Rio, où les bagages de l’équipage sont livrés en priorité, et où je peux passer la journée de Noël à la plage. Copacabana, Ipanema : ça valait le voyage, même en business 1 étoile sans geste particulier pour marquer le réveillon de Noël.

Générale
Note globale
2 / 5
Rapport qualité / prix
2 / 5
Au sol
Enregistrement et embarquement
2 / 5
Gestion des bagages
3 / 5
A bord
Confort
2 / 5
Service
3 / 5
Nourriture
1 / 5
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Par AirNapoleon, à propos de Air France, , près de Brazil
Mise en ligne par HappyFlight, le 26 décembre 2013, voir la version originale
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  • Le champagne servi au salon est une récup'
  • Le voyage se fera dans le nez du Jumbo
  • Le cintre d'accueil et le siège toboggan (NEV4)
  • La boisson d'accueil est un peu tristounette
  • La pochette est jolie, le contenu est banal
  • Le dessert est servi avec l'entrée
  • Le gri-bouillie du Bocuse d'Or 2013
  • Le petit déjeuner est tiède et standard
  • On fait ce qu'on peut pour partager un peu d'esprit de Noël
  • Bien arrivé à Rio !

4 commentaires RSS Commentaires

HappyFlight a répondu

Bonjour,

Merci pour ce 40ème avis :)
Ah les annonces pour les cigarettes, c'est malheureux mais quelques passagers n'ont toujours pas compris comme ils se font prendre sur le fait dans les WC, et après bonne chance pour eux...

Effectivement la canette ne donne pas spécialement envie

Sinon pour les bagages PEQ, c'est que généralement ils sont mis dans une soute à part, tout petite. C'est pour ça que leur déchargement est plus rapide.

Bonnes vacances au Brésil et bonnes fêtes :)

PS : Je vous invite à regarder cette vidéo, on reconnait bien Air France et "l'émotion du service"


Il y avait une autre vidéo AF que je ne trouve plus mais que j'avais cité dans un article

"Marine Gall, Directrice Expérience pour le secteur long-courrier souhaite que l’ensemble du personnel prenne des initiatives pour répondre aux attentes des clients et réagir aux imprévus au lieu d’appliquer mécaniquement des procédures comme sur les compagnies Asiatiques (selon elle)."

L'auteur de l'avis a répondu

Benjamin,
Je risque d'être un peu agacé parce que je connais bien cette vidéo du "PS", pleine de beaux mots et de promesses d'excellence, mais elle est destinée aux journalistes, les vrais passagers savent que c'est du vent. D'ailleurs les derniers mots sont "au cours de l'année 2015" : on n'y est pas. Et au début on entend "notre savoir-faire inégalé" : on n'y croit pas.
Avec l'arrivée d'une nouvelle Direction et face à certains indicateurs au rouge dans sa réputation et son prix km, Air France a lancé Best & Beyond dans un grand show comme la compagnie les adore, et pour monter en gamme son IMAGE. Malheureusement, la montée en gamme concrète ne se fera -on l'espère- qu'avec la nouvelle cabine. Entretemps, on demande au PNC d'oser, sans prévoir aucun moyen : le repas des vols partant tard a été réduit (plateau entrée-dessert), il n'y a toujours pas de catering "souhaits particuliers" (des sauces et assaisonnements, du citron, des boissons hors menu en business, des bouchons à oreille, des desserts supplémentaires, etc. en éco) comme il y a sur d'autres compagnies pour justement donner les moyens de satisfaire le passager.
Dernière remarque : un Directeur Délégué Long Courrier, Une Directrice Expérience Long Courrier, un Responsable Produit Long Courrier, ça fait beaucoup de monde pour dire qu'il faut réduire le choix des repas Long Courrier pour accélérer le service, alors que le problème vis-à-vis de la concurrence est le faible nombre de personnes travaillant en cabine....

HappyFlight a répondu

Effectivement je vous rejoins totalement.
AF reste bloqué sur son nombril au lieu de prendre les choses "vraiment" en main.

J'avais mis la vidéo en lien comme je la trouvais intéressante par rapport aux intitulés pompeux des repas.

Le temps que la compagnie se croira toujours au top niveau (qu'elle a été, on ne peut pas dire le contraire) elle n'arrivera pas à avancer, non ?

Un article que j'avais fait http://fr.whattheflight.com/blog/2013/06...

En comparaison Corsair offre une classe économique de qualité, pas cher, confortable (pour un avion), possibilité de choisir un plateau spécial (italien, marin...). Ife de qualité (par rapport aux autres compagnies européenne)

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